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Le petit monde du tango et des danses de salons est une source d'évasion et de bien être.

Certes ! Mais c'est aussi un monde de séduction où les passions et les rivalités s'exacerbent. Pour un ou une partenaire, pour affirmer son identité, ou encore pour trouver un moyen d'expression ou parfois plus pratiquement un gagne-pain.

Aussi, pour apporter ma petite pierre dans ce monde, mais surtout pour aider ceux qui viendraient à y rentrer, j'ai décidé d'apporter sous le vocable "humeurs" mes impressions, mes "coups de gueule", mon regard et des conseils. Tout cela aussi pour vous faire partager le point de vue d'un véritable amateur, certes passionné, mais qui considère la danse comme un pur loisir, et qui parfois reste stupéfait du sérieux, pour ne pas dire de la prétention dont font preuve certains acteurs de ce petit monde par ailleurs bien sympathique.

Que ceux qui se reconnaîtraient dans ces "humeurs" me pardonnent et prennent avec humour les paragraphes qui pourraient les concerner. Elles sont aussi écrites pour les aider. Car leur implication, leur professionnalisme nous est bien utile pour perpétuer l'art du tango et des danses de salons.

Et puis pour ceux et celles qui viendraient nous rejoindre, je donne quelques astuces, quelques observations, de celles que l'on garde bien souvent jalousement pour soi et que vous ne retrouverez donc nulle part ailleurs.

 

Accédez directement aux humeurs

A propos de la valse (1) :
J'adore la valse. Pour la danse elle-même bien entendu, simple et particulièrement agréable à danser. Mais la valse a aussi une autre inestimable vertu : dansée par peu d'hommes, et adorée par de nombreuses femmes, elle donne au bon danseur l'embarras du choix, et l'occasion de se faire apprécier pour le restant de la soirée! D'ailleurs les bons DJ ne s'y trompent pas et programment facilement la valse en début de soirée, histoire d'aider à la formation des couples...

A propos de la valse (2) :
Comme le dit Roland (maître de l'école de danse Georges et Rosy), il y a deux choses qui font tourner la tête aux femmes : le champagne et la valse.
Avec de sérieux argument à l'actif de la valse plutôt que du champagne : elle ne coûte rien, est bénéfique pour la santé et n'est pas à la portée de n'importe qui ! cela dit, j'aime bien le champagne aussi...

A propos de celles qui font tapisserie :
Certaines femmes se plaignent souvent de faire tapisserie.
Bon.
Mais en général ce ne sont pas celles qui sont jeunes, jolies, sympa et qui savent danser.
Et s'il n'est pas permis à toutes d'être jeunes et jolies, il est permis à toutes de faire preuve d'un minimum de charme et d'élégance, d'être agréable avec les danseurs et d'apprendre à danser !

A propos du comportement des hommes et des femmes en dancing :
Une charmante Montpelliérenne rencontrée dans un dancing bien connu de Paris me faisait l'observation suivante :
"Regardez le comportement des hommes en dancing : ils se promènent, observent toutes les femmes de manière appuyée et sans complexe. Après avoir complété leur tour, ils feront ensuite leur choix ou iront simplement boire un verre au bar.
Le comportement des femmes, c'est différent : elles s'assoient à une place et y restent rivées. Et vous ne les surprendrez pas à vous regarder, car si elles vous dévisagent et vous évaluent tout autant, elles le font le plus discrètement possible, et détournent le regard dès que vous les observez, pour ne pas être prises en défaut".
Bien observé !

Pourquoi offrir un verre aux danseuses ?
Lors d'une interview télévisée dans une guinguette de la région parisienne, une femme se plaignait du manque de galanterie des vieux messieurs : "ils ne vous offrent même plus un verre, quelle bande de radins".
Soit, mais Mesdames, combien de fois ai-je constaté que juste après avoir offert un verre à l'une de mes danseuses elle partait avec un autre danseur ! Bon, je comprends que les danseuses ne souhaitent pas se voir redevable d'une petite attention ou liée avec vous pour la soirée, mais franchement, j'ai pour ma part compris que le meilleur moyen de retenir une danseuse n'était certainement pas de lui offrir un verre. Quitte à passer pour un radin.

A propos des quais de Seine :
Les quai de Seine sont un endroit privilégié pour danser à Paris l'été. Notamment le tango argentin.
J'ai découvert cela en cette fin du mois d'Août 2003.
J'y ai découvert aussi des danseuses de tout niveau, et n'étant pas un champion, j'ai pris plaisir à danser avec quelques danseuses débutantes ou de niveau moyen.
Mais je dois dire que j'ai été sidéré par le comportement d'une danseuse, qui après avoir cherché pendant toute la première danse à évaluer mes compétences en mettant le moins de bonne volonté possible à se laisser guider (idéal pour vous mettre en confiance !), a terminé en me faisant une bien peu agréable leçon sur la manière dont il fallait danser le tango
; bon, j'ai certes des progrès à faire, mais d'une part ce qui marchait avec d'autres n'avait pas fonctionné avec elle, et d'autre part, si j'étais là, c'était pour pratiquer en dehors d'un cours.
Je vous relate cette expérience, car je ne suis pas le seul à avoir eu ce genre de mésaventure dans les milongas parisiennes. Alors mesdames (et messieurs !), ne confondez pas ce qui devrait à mon sens rester des lieux de détente avec des lieux de démonstration de sa prétendue supériorité ; il y a déjà le boulot pour cela et ça suffit bien !

Danse et chewing-gum :
C'était il y a quelques semaines. J'avais invité une jolie femme plus très jeune, mais pleine de charme, vraiment élégante et plutôt distinguée. Son paso-doble, studieux et de bon ton était agréable. Tout pour plaire... sauf que j'ai eu en face de moi un être mâchant consciencieusement et en cadence un chewing-gum durant toute la danse. Inutile de vous préciser que je ne l'ai plus invitée de toute la soirée !
Nota : Vous trouverez dans mes liens un site canadien qui donne une charte du savoir-vivre à l'usage des danseurs et danseuses de tango. Bien entendu, la mastication du chewing-gum y est citée parmi les choses à proscrire lorsque l'on est sur la piste.

Souhaitez-vous danser avec des partenaires d'horizons divers ?
Il est des cours de tango argentin qui ont sur Paris une excellente réputation, et dont on peut dire qu'elle est justifiée. Oui, mais attention tout de même : car pour m'être rendu dans l'un d'eux récemment j'ai pu y faire la constatation suivante : les danseurs et danseuses étaient tellement "bons" que les couples habitués du cours dansaient uniquement entre eux, et le professeur ne les encourageait nullement à tourner. Résultat : ces excellents danseurs et danseuses étaient incapables de s'adapter à des danseurs moyens mais convenables venant d'autres cours ; c'était mon cas, mais aussi celui d'une danseuse avec laquelle j'avais agréablement dansé sur les quais de Seine quelques temps auparavant et d'une américaine de passage.
Conclusion : Si votre souhait est de pouvoir danser avec des danseurs ou danseuses d'horizons divers, privilégiez les cours où l'on intègre facilement les nouveaux et où les professeurs font tourner les couples. Et prenez garde aussi à ceux qui veulent tout de suite vous trouver un ou une partenaire fixe. Vous mettrez sans doute plus de temps pour apprendre, votre danse sera moins sophistiquée, mais au moins vous resterez ouvert à des partenaires de danse de tous horizons, et prendrez du plaisir à danser partout avec n'importe qui. Bon, si vous avez un conjoint que vous ne voulez lâcher, c'est une autre affaire...

A propos de la danse sportive :
J'ai horreur de la danse sportive.
Je respecte cependant la performance de ces danseurs et danseuses, qui méritent notre admiration pour la perfection de leur travail.
Mais à vrai dire, l'image véhiculée par ces démonstrations me semble à l'opposé de ce que j'aime dans la danse, et bien peu adaptée à la promotion de ce loisir.

D'abord, que penser de la présentation stéréotypée des couples : Danseurs tous filiformes, aux cheveux gominés repoussés en arrière, danseuses au maquillage outrancier et sophistiqué à l'extrême, chacun et chacunes se complaisant dans des sourires stupides tellement ils sont forcés.
Les tenues ? Hors du temps ! Passant pour ces dames de robes issues tout droit de Sissi impératrice à des déshabillés accrocheurs à l'extrème et pas toujours de très bon goût ; quand aux danseurs, ce n'est guère beaucoup mieux : cela va de chemises ouvertes pour les danses latines au queue de pie obligatoire avec noeud papillon pour les standards.
La danse elle même, à force de mouvements techniques marqués poussés vers la perfection (mais laquelle !) en perd toute spontanéité et toute sensualité ; tout ce qui en fait, fait ordinairement le charme des danses de salon. Et l'on se demande souvent quel plaisir peuvent bien ressentir ces couples à évoluer dans les bras l'un de l'autre...
Bon, j'arrête là, car je ne veux pas faire plus de peine à ceux qui aime ce "sport".
Mais après les démontrations de ce début du mois de février 2004 à Bercy, je reste sur l'impression désagréable d'un "sport" prétentieux et sans chaleur humaine ; et me garderai bien de montrer l'enregistrement vidéo de ces performances à mes enfants...!
Décidément, heureusement qu'il reste le tango et les argentins pour nous faire apprécier la danse de couple.


Monsieur, je vous ai trouvé muffle !
Elle avait un peu raison, cette danseuse que j'avais plaquée au beau milieu de la piste au cours d'une valse. Mais elle l'avait bien cherché : je l'avais invitée pour une valse qu'elle m'avait dit savoir danser, s'était vite révélée incapable de me suivre dans de très simples tours à droite, et avait insisté sur sa capacité à valser, voulant me faire croire que c'est moi qui ne savait pas danser...
Combien de fois le danseur se retrouve-t-il ainsi confronté à des danseuses inexpérimentées et sans scrupule qui lui font croire que c'est lui seulement qui ne sait pas danser ! Débutant, on se laisse prendre ; plus expérimenté, c'est suivant : si la danseuse est sympathique et agit ainsi plutôt par timidité, on s'en amuse ; mais si elle insiste sans scrupule, alors, messieurs, un peu de solidarité : n'hésitez pas à lui infliger une bonne leçon en pensant au comportement de votre danseuse face à un pauvre danseur débutant.

Elles nous prennent toutes pour des objets...
Ce soir là, il était venu s'asseoir à ma table, la place manquant dans cette célèbre milonga parisienne.
Beau, la trentaine, avec un type italien très marqué, toujours entouré de jolies jeunes femmes, et dansant avec l'autorité que confère la maîtrise parfaite du tango argentin. En bref celui qui - pour vous arrivé à la cinquantaine - vous fait amèrement regretter de n'avoir pas appris cette danse plus tôt, et que vous regardez avec admiration et une pointe de jalousie, ne pouvant espérer rivaliser avec ses arguments auprès des jeunes et jolies danseuses ! Un de ses amis le rejoint, même type, mais plus jeune, plus beau, cheveux bouclés le faisant ressembler à un Jésus Christ de notre époque, que toutes les femmes convoiteraient avec envie.
Conversation entre hommes. A laquelle je prête peu d'attention jusqu'au moment ou mon Jésus Christ, lâche d'un air parfaitement désabusé :
"Elles nous prennent toutes pour des objets..."
Qui donc après cela peut prétendre que le tango argentin est macho !
Et que c'est la femme qui est traitée comme un objet...
Décidément, en ce XXIème siècle, il est des certitudes plus ancrées dans les esprits que dans la réalité.

Femme - et couple - libérés ?
Elle avait un bien joli minoi et beaucoup de classe, cette assez jeune femme avec laquelle j'avais dansé et à laquelle j'avais décidé de faire un brin de conversation.
Après quelques minutes, elle m'explique qu'elle vient dans ce dancing sans son mari, car en ce samedi soir, lui est en train de faire la fête avec ses copains ; ce qu'elle me dit trouver parfaitement normal ; et elle ajoute avec une pointe de fierté : "En fait, nous sommes un couple parfaitement libéré".
Vient le temps d'un slow ; je lui propose bien naturellement de le danser ; et elle de me répondre, avec un brin d'ironie : "Non merci, je ne danse pas les slows".
Bon, moi je veux bien que cette jeune femme, comme tant d'autres, se dise parfaitement libérée, mais je préfère tout de même celles qui ne le sont pas et n'hésitent pas à danser les slows !

Le rock'n'roll, symbole de la femme libérée ?
Pour beaucoup de femmes, le rock'n'roll a été dans les années 1960 et 1970 le symbole de la liberté de la femme, au contraire du tango, qui représentait l'asservissement de celles des générations précédentes.
Et cette opinion perdure aujourd'hui.
Histoire de mode, sans aucun doute.
En dépit d'un paradoxe évident :
> En rock, le danseur décide des passes qu'effectuera la danseuse, qui ne peux en aucun cas s'y dérober ou y ajouter le moindre changement de sa propre initiative. En clair : aucune liberté pour elle !
> En tango, si le danseur décide des passes, la danseuse a tout loisir d'y ajouter les fioritures dont elle seule décide, et de prendre le temps qu'elle veut pour éxécuter les figures. Et un bon danseur s'obligera à la laisser faire... Donc une grande liberté d'exécution pour la danseuse.
Alors, "macho" le tango ? Et le rock, danse pour les femmes "libres" ?



Fin... pour l'instant

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"De toutes les façons de faire l'amour à une femme, la danse est sans conteste la plus belle"

Citation de Philippe Verrière, dans "La Muse de mauvaise réputation - danse et érotisme"